L’Académie des Cosmopolites
est un ensemble de dimensions variables, dont le répertoire couvre la musique du XVIème à nos jours. Constitué de musiciens de différentes générations et d’horizons variés ayant tous, de près ou de loin, un rapport à l’écriture, ses programmes sont conçus autour de thèmes qui associent volontiers des œuvres d’époques différentes en un dialogue fécond.
L’Académie des Cosmopolites considère que la musique n’est pas neutre historiquement, et que par conséquent ses conditions d’existence méritent une attention redoublée. C’est la raison pour laquelle nous apportons un soin renouvellé aux instruments, aux sources historiques d’interprétation (textes théoriques d’époque, mais aussi études sociologiques et iconographie).
Direction Artistique


L’Académie des Cosmopolites : Jean-Pierre Collot, Céline Steiner, Brice Pauset, Massimo Pinca, Caroline Delume, François Poly ; (concert „Résonances“ Biber-Stockhausen du 25 janvier 2019, Auditorium de Dijon). Photo : Gilles Abegg
Musiciennes et musiciens
Musiciennes et musiciens

Jean-Pierre Collot
Le pianiste Jean-Pierre Collot a été formé auprès de Jean-Claude Pennetier pour le piano, Christian Ivaldi pour la musique de chambre et Jean Koerner (classe d’accompagnement) au CNSM de Paris. Parallèlement, il reçoit les conseils des pianistes russes Yevgeni Malinin et Rudolf Kerer ainsi que de la pianiste Elena Varvarova.
De 1993 à 1999 il collabore avec l’Ensemble Intercontemporain, ainsi qu’avec différents ensembles parisiens. En 1999 commence une collaboration avec l’ensemble recherche qui se poursuivra jusqu’en 2017. Jean-Pierre Collot s’est produit en soliste sous la direction de Pierre Boulez, Emilio Pomàrico, Peter Rundel, Lucas Vis et a collaboré étroitement avec Helmut Lachenmann, Salvatore Sciarrino, Hugues Dufourt, Hans Abrahamsen et de nombreux compositeurs de la jeune génération. Ses concerts l’ont mené en Europe, au Japon, en Chine, en Russie et aux Etats-Unis. Le pianiste Jean-Pierre Collot a effectué pour le CD de nombreux enregistrements, notamment d’oeuvres d’Arnold Schönberg, Erich Itor Kahn, Stefan Wolpe, Hans-Werner Henze, Karlheinz Stockhausen, Hugues Dufourt, Wolfgang Rihm, Brian Ferneyhough, Hans Abrahamsen, Brice Pauset, Hector Parra… En 2016 est paru chez Winter&Winter, Munich, l’album solo « Universe » qui met en perspective des oeuvres de Salvatore Sciarrino et de Claude Debussy, CD salué par la critique: « un album ébouriffant de virtuosité et de magie sonore » (Sueddeutsche Zeitung), « difficile d’imaginer meilleure interprétation des sonates de Sciarrino » (American Record Guide). En février 2019 paraîtra sous le titre d »Espaces imaginaires » l’enregistrement en première mondiale de la version révisée de la Sonate de Jean Barraqué ainsi que de 9 autres pièces pour piano du compositeur. Un autre CD solo consacré à des oeuvres de Hugues Dufourt ainsi qu’à des transcriptions de Lieder de Schubert verra le jour prochainement.
Jean-Pierre Collot donne des masterclasses et des conférences sur l’interprétation de la musique contemporaine aussi bien à l’Est (Autriche, Russie, Ouzbékistan, Géorgie, Ukraine, Chine) qu’à l’Ouest (Amérique du Sud et Etats-Unis). Il est également traducteur d’ouvrages en lien avec l’analyse et l’histoire de l’interprétation. Il vit actuellement à Munich.


Marcia Hadjimarkos
Marcia Hadjimarkos naît à Portland dans l’Oregon, aux États-Unis. Elle est diplômée en piano et littérature française de l’Université de l’Iowa. En France, elle se perfectionne au piano-forte avec Jos van Immerseel au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1993 et 1994.
Elle joue les instruments de Cristofori, jusqu’aux claviers touchés par les romantiques et le répertoire de cette large plage de l’histoire de la musique, y compris des compositeurs peu connus, tel Hélène de Montgeroult, croisés avec Haydn et Mozart ou des œuvres contemporaines de Nicolas Slonimsky, Béla Bartók et Arvo Pärt.
En tant qu’accompagnatrice du lied, elle s’est jointe au ténor Jean-Paul Fouchécourt, aux sopranos Emma Kirkby, Julianne Baird, Marie Fraschina, et la mezzo-soprano Beth Taylor.
Elle est l’accompagnatrice de la classe de clarinette ancienne au piano-forte au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon dans les années 1990, et enseigne le piano moderne dans différentes structures et dans le secteur privé depuis la même époque. Elle anime également des classes de maître autour du piano-forte et du clavicorde aux CNSMD de Paris et de Lyon, à Bâle, La Haye, et aux États-Unis à l’Université Willamette, Oberlin Conservatory, à la Southern Oregon University et à Université de l’Iowa. Elle participe aux festivals de musique, notamment la Roque d’Anthéron, La Folle Journée de Nantes, les Rencontres Harmoniques de Lausanne, le Festival de Sablé, et enregistre son premier disque au clavicorde, dévolu aux Sonates de Joseph Haydn, en 1993 pour le label Zig-Zag Territoires.
Marcia Hadjimarkos exerce aussi le métier de traductrice, du français vers l’anglais, dans le domaine de la musique plus particulièrement. Dans ce cadre, elle a collaboré aux magazines Goldberg, Diapason et le Galpin Society Journal ainsi qu’avec de nombreux labels discographiques.
Depuis une trentaine d’années, elle vit en Bourgogne.
Parmi les instruments touchés par la pianiste : des copies de piano-forte d’après Cristofori (1726) et Silbermann (1749) de Kerstin Schwarz ; des copie de clavicorde d’après Christian Gottlob Hubert (1772) de Thomas Steiner ; des copies de piano-forte d’après Fritz (vers 1815), Lengerer (1793), Erard (1804) et Walter par Chrstopher Clarke, un piano carré de Johannes Bätz (1789) ; un piano de 1790 de Hofmann…


Massimo Pinca
Homme et musicien curieux, le contrebassiste Massimo Pinca est actif sur la scène internationale depuis 1998, en traversant les répertoires de la musique baroque, classique, contemporaine, jazz, folk, rock. Sa multiforme activité l’a amené à se produire sur les scènes les plus disparates, allant des plus reculés bistrots des Pouilles, sa région d’origine, à des salles telles que la Philharmonie de Berlin, le Town Hall de New York ou le Dom Musiki de Moscou.
Foncièrement autodidacte, il a par la suite entamé en parallèle à ses études de droit des études académiques, obtenant un diplôme de contrebasse au conservatoire de Florence, puis deux masters à la Haute école de musique de Genève.
Passionné par l’histoire de son instrument, il joue du violone en sol, en ré, du violone viennois, de la basse électrique, afin de s’adapter au mieux au contexte musical, tout en restant conscient des compromis auxquels la pratique moderne nous induit. Son article « August Müller’s Contributions to the «Neue Zeitschrift für Musik» (1848-1849): Evidence of Approaches to Orchestral Double Bass Playing in the Mid-19th Century », paru sur la revue « Ad Parnassum » en 2014, représente l’une des contributions les plus remarquables à l’historiographie de la contrebasse des dernières années.
Installé à Genève depuis 2009, aujourd’hui il enseigne la contrebasse au Conservatoire populaire de Genève et est membre du collectif de compositeurs/improvisateurs Fanfareduloup Orchestra. Il a été contrebasse solo du Geneva Camerata entre 2013 et 2017 et collabore régulièrement, entre autres, avec l’Orchestre de la Suisse Romande, l’ensemble Cristofori, l’ensemble baroque du Léman.
Avec son propre Ensemble Tarka il a publié deux CD, Frères de Voyage (2015) et Owen’s Poems (2017). Son prochain album en solo Canoni & ricercari paraîtra en 2020 pour NBB records.


Céline Steiner
Née à Baden-Baden dans une famille franco-allemande, Céline Steiner débute très jeune l’étude du piano puis du violon et s’intéresse à la composition dès son enfance- suivant son souhait d’être une musicienne accomplie.
Sensible aux rapports entre l’aspect matériel et acoustique de la musique, l’écriture de la musique et son aspect métaphysique et l’influence de la vocalité dans la musique instrumentale elle s’intéresse aux instruments et aux conditions historiques de l’interprétation du répertoire.
Parmi ses rencontres décisives elle compte ses professeurs Wolfgang Roccor (orchestre de la SWR Baden-Baden/ Freiburg), Anne-Katharina Schreiber (Hochschule für Musik de Freiburg), Stéphanie Pfister (Conservatoire de Strasbourg) pour le violon baroque ainsi que des master-classes avec entre autres le Trio Jean-Paul, Melise Mellinger, Clemens Merkel, Sigiswald Kuijken, Stephan Schultz, Peter Kooij, Odile Edouard et Leila Schayegh. Son intérêt tant pour la musique ancienne que pour la musique contemporaine lui permet de participer à des projets avec Les Goûts Réunis à Nanterre, Génération baroque du Parlement de musique de Strasbourg, l’Académie de l’ensemble recherche et du Freiburger Barockorchester, Impuls Festival Graz, l’Ensemble Contrechamps et Collegium Novum Zürich. Avec son propre ensemble « L’Académie des Cosmopolites » qui combine volontairement des programmes historiquement informés avec de la musique contemporaine elle se produit dans des lieux tel que le festival Slowind à Ljubljana et l’opéra de Dijon.
La composition la requiert parallèlement à son activité d’interprète. Après des cours privés auprès d’Isabel Mundry et une Académie du Landesmusikrat Baden-Württemberg avec Helmut Lachenmann, elle étudie la composition à la Hochschule für Musik de Freiburg (Allemagne) avec Brice Pauset ainsi qu’au CNSMD de Paris avec Frédéric Durieux. Ses pièces ont, entre autres, été jouées dans le cadre des Donaueschinger Musiktage, au Slowind Festival à Ljubljana, par l’ensemble recherche, par l’ensemble Surplus, par l’orchestre de la Musikhochschule Freiburg et au théatre de Freiburg.
Elle obtient des commandes de la Philharmonie de Paris, du Festival de Witten de la WDR et de l’opéra de Dijon.
Elle a reçu les bourses du Richard-Wagner-Verband ainsi que du Cusanuswerk.


Caroline Delume
Caroline Delume est guitariste et théorbiste, et joue en soliste, musique de chambre et orchestre. Son travail associe création contemporaine et interprétation sur instruments anciens, notamment dans la dimension d’expressivité du geste inscrit dans l’histoire des répertoires et des instruments.
Elle collabore avec des compositeurs, chefs d’orchestre, chanteurs, instrumentistes ingénieurs du son,et joue avec des ensembles spécialisés en musique ancienne et en création de musique contemporaine.
Continuiste, elle joue au sein de l’orchestre Le Concert Spirituel depuis sa fondation en 1987, sous la direction de Hervé Niquet, et avec le violoniste Patrick Bismuth et son ensemble La Tempesta.
Avec l’ensemble de Rachid Safir Les jeunes solistes, puis les Solistes XXI, elle a participé aux créations et enregistrements d’oeuvres de Klaus Huber, Philippe Fénelon et Philippe Leroux. Avec l’Ensemble Intercontemporain, elle a joué sous la direction de Pierre Boulez, Suzanna Mälkki, Pierre-André Valade , Jonathan Nott, François-Xavier Roth, Peter Eötvös, Peter Rundel.
Caroline Delume est dédicataires d’oeuvres pour guitare ou théorbe de Jean-Pascal Chaigne, Pascale Criton, Félix Ibarrondo, Pascale Jakubowski, José-Manuel López López, Francisco Luque, Clara Maïda, Florentine Mulsant, Franck C. Yeznikian.
Elle est professeur de lecture à vue au Conservatoire de Paris et professeur de guitare au CRR de Versailles.
Sélection discographique : Multifonia 95, L’Art de la Guitare Contemporaine, L’oiseau rare pièces pour guitare (s) de Francisco Luque
site : carolinedelume.com


Brice Pauset
Brice Pauset a étudié le piano, le violon et le clavecin à Besançon puis à Paris et à Amsterdam. En tant qu’interprète, son répertoire couvre la musique des XVIème au XXIème siècle, avec un éclairage particulier sur la musique de clavecin et d’orgue française du XVIIème siècle, la musique pour claviers de Johann Sebastian Bach ainsi que le répertoire pianistique de Franz Schubert et de ses contemporains qu’il joue au pianoforte. Il se produit régulièrement en soliste, ou au continuo avec Andreas Staier, l’ensemble Contrechamps de Genève, et le Freiburger Barockorchester. Depuis 2014 Marcia Hadjimarkos et Brice Pauset se produisent régulièrement en pianoforte à quatre mains dans des œuvres, notamment, de Mozart, Schubert et Anton Bruckner.
Il a donné notamment l’intégrale de la musique de Louis Couperin en sept concerts entre 2013 et 2016 à l’opéra de Dijon où il a passé plusieurs années en résidence. Dans ce même cadre, il a donné sept concerts consacrés à des œuvres tantôt méconnues, tantôt célèbres (notamment les Variations Goldberg en juin 2020) de J. S. Bach.
Fin connaisseur des instruments à claviers des XVIIème et XVIIIème siècles, il a construit plusieurs répliques de clavecins et clavicordes et s’intéresse actuellement au clavecin autrichien du XVIIème siècle, ainsi qu’aux instruments combinés de cette même époque. Un pianoforte de Johann Fritz (1810) fait également partie de sa collection, qui compte également des copies des meilleurs facteurs actuels, tels Christopher Clarke, Christoph Kern, Thomas Schüler, Anthony Sidey ou Matthieu Vion.
Il a par ailleurs étudié la composition à Paris et Sienne. Boursier 1994 de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation puis stagiaire à l’IRCAM de 1994 à 1996, ses œuvres sont régulièrement données dans le monde entier. Pédagogue, il enseigne la composition à la Hochschule für Musik de Freiburg-im-Breisgau, à la Kunstuniversität de Graz (Autriche) et est professeur invité dans diverses universités aux USA et en Europe. Il a été par ailleurs directeur artistique de l’Ensemble Contrechamps de Genève, spécialisé dans la musique contemporaine.


François Poly
C’est en famille, donc dès son enfance, vraisemblablement, que François Poly se laisse impressionner par la musique de Claudio Monteverdi, les tangos argentins du bandeoniste Anibal Troilo, entre autres. Natif de Poitiers, il est marqué par les messes de François Couperin et de Nicolas de Grigny, sonnées régulièrement par le titulaire des orgues historiques François-Henri Clicquot de la cathédrale Saint Pierre.
Plusieurs années d’études auprès de Hatto Beyerle, altiste fondateur du quatuor Alban Berg l’amènent à laisser infuser en lui le langage classique viennois.
Il joue plus régulièrement du violoncelle, au sens large, et expérimente volontiers la basse de violon, ou même un tenor de violon. Il est goulu de polyphonies, jusqu’à la saturation des Tallis, Striggio, ou Ligeti, mais se laisse attendrir par le ternaire des menuets, des laendler, ou des mazurkas.
Son métier favori serait actuellement la conduite d’une ligne de basse, avec de folles incartades vers le chant tenorisant d’un Franz Schubert, son compositeur-compagnon, notamment au sein du quatuor Epos, basé à Feldkirch, au Voralberg.
Peut-être trop timide pour prendre la plume et créer ses propres oeuvres, il arrange, transcrit sans cesse, et se permet de proposer la réécriture des parties intermédiaires du baroque français, qu’il joue fidèlement aux Folies Françoises, dirigées par Patrick Cohen Akenine.
Il enseigne au CRR de Versailles la musique de chambre, sa discipline musicale la plus naturelle.

